Yann Ricordel

A PROPOS DE L’AUTEUR

Axes de recherche

Il y a ce que l’on sait, et ce que l’on sait. Il y a ce que l’on apprend dans les écoles, les universités, les conservatoires ; et il y a ce que Guy Debord nomme la « clandestinité de la vie privée ». Ainsi, l’université m’a apporté de sérieuses bases dans la connaissance de l’histoire de l’art. Au moment de la maîtrise, au moment d’entamer un véritable travail de recherche et de pensée (l’histoire de l’art ne doit à mon sens ne pas être un simple exposé de données factuelles), je me suis intéressé à l’art new-yorkais des années 1960-1970, moment d’une véritable rupture épistémologique. Plus spécifiquement, j’ai étudié la manière dont la photographie, utilisée par Robert Smithson, Mel Bochner, Douglas Huebler, qui tous ont commencé leur carrière dans une veine minimaliste, a servi d’outil dans ce passage d’une époque à une autre — si l’on veut bien considérer, comme c’est mon cas, le minimalisme comme le « dernier des modernismes ». Ce qui se passe dans les cours magistraux, ça n’est que la moitié du travail : aussi ai-je mené par devers moi une réflexion approfondie sur la théorie de l’histoire — qui m’a mené à un excursus sur la notion de narration — et de l’histoire de l’art. Puis les péripéties de ma vie intime m’ont poussées à quitter le « circuit » universitaire et à sérieusement considérer la psychiatrie et l’anti-psychiatrie. L’obtention d’une bourse du Cnap en 2009 pour l’écriture de l’ouvrage Soundings. Expérimentation sonore à New York (1960-1980) m’a amenée à explorer l’histoire de la musique contemporaine et les problématiques plus générales liées au son. Parmi les sons il y a la voix, et notamment la voix de l’artiste : je m’interroge actuellement sur les mutations de la voix, du discours médiatisé de l’artiste à l’ère de l’information globalisée. Je mène de front l’écriture de trois ouvrages : Soundings, que j’ai déjà évoqué ; Profilmique global. Ce que le cinéma est au réel, qui résulte des recherches théoriques que j’ai pu mener dans mon activité de critique de cinéma ; et Imaginaires du Minimal art. Essai d’esthétique de la réception, qui réfute, en se basant sur la réception critique du minimal art, l’idée selon laquelle l’objet minimaliste serait une sorte de monade au sens leibnizien, un « en-soi » dénué de sens : j’ai à cœur de démontré qu’au contraire, pour les contemporains de cette période, l’objet minimaliste avait un véritable force d’évocation, du design industriel, de l’architecture, du monument. Voilà où j’en suis.